Charline Picard

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« J’ai eu peur,j'ai eu mal, mais je le referais »Résultat de recherche d'images pour "don moelle osseuse"

 

 

 

 

Hilairoise, Charline Picard est mariée, maman de deux fillettes et assistante d'éducation dans un lycée de Challans.     http://jactiv.ouest-france.fr/ils-sactivent/initiatives/charline-picard-fait-don-moelle-osseuse-suedoise-83102

 

Charline Picard, Hilairoise de 27 ans, a fait un don de moelle osseuse à une Suédoise qu’elle ne connaissait pas. Elle explique les raisons de son choix.

La décision

« Il y a deux ans, j’ai rejoint une association créée autour de Cassandra, fille d’amis de mes amis, suite à l’annonce de sa leucémie, à l’âge de 2 mois. L’objectif était de communiquer sur la maladie et de sensibiliser au don de sang et de moelle osseuse. J’ai suivi son combat et celui de ses parents : traitement, victoires et échecs, jusqu’à son décès à l’âge de 21 mois, faute de donneur compatible. J’étais maman d’une petite fille du même âge, son histoire m’a beaucoup touchée. Dès le lendemain, j’ai contacté l’Établissement français du sang pour m’inscrire sur la liste de donneurs de moelle osseuse. »


Les questions

« La greffe de moelle représente souvent le dernier espoir pour les malades, mais la chance d’être compatible avec quelqu’un dans le monde est seulement d’une sur un million. Un jour, j’ai appris que j’étais la chance sur un million de quelqu’un, en Suède. J’étais très touchée à l’idée que j’allais peut-être sauver une vie. Et je me posais aussi plein de questions : une petite fille, comme Cassandra ? Un papa avec des enfants ? En octobre, on m’a prévenue que la greffe était possible. Je me suis engagée définitivement et la date d’intervention a été fixée au 8 novembre. »


L’hésitation

« Compte tenu du receveur, on m’a dit que l’intervention aurait lieu sous anesthésie générale, comme 20 % des cas seulement, avec un prélèvement direct de moelle dans les os du bassin. Alors, quelques jours avant l’intervention, j’ai commencé à avoir peur : peur de ne pas me réveiller et de laisser seuls mon mari et mes deux petites filles. Et j’ai pleuré. J’étais confrontée à un choix : soit je refusais et privais quelqu’un de l’espoir de vivre, soit j’y allais, l’autorisais à vivre et transmettais à mes enfants ce qui est essentiel, le courage et la générosité. C’est le choix que j’ai fait, soutenue par ma famille. »


L’intervention

« Je suis entrée au bloc à 8 h et me suis réveillée à 11 h. On m’avait prélevé un litre de moelle et un litre de sang. J’étais pâle et très faible, j’avais très mal au bassin car j’avais eu quatre points de ponction, donc quatre trous dans le bas du dos. J’ai mis du temps à récupérer et les trois semaines suivantes ont été éprouvantes, mais on se remet très bien ! Et trois semaines, dans une vie, ce n’est rien : j’imagine le nombre de semaines, de mois, d’années de douleur et de peur qu’a dû traverser ma jeune receveuse ! Alors, oui j’ai eu peur, oui, j’ai eu mal, mais je le referais sans hésiter. »


L’émotion

« Le don est anonyme, mais je sais que c’est une Suédoise de 17 ans. J’ai beaucoup pensé à elle au moment des fêtes, en famille, et j’espère qu’elle pourra maintenant vivre ses rêves ! Je suis fière d’avoir fait ce geste qui m’a apporté beaucoup de positif : j’ai peut-être sauvé une vie, transmis des valeurs à mes enfants et renforcé ma confiance en moi. Ces problèmes de santé peuvent toucher n’importe qui dans notre entourage. Il ne faut pas attendre d’être touché pour se dire : j’y vais ! On est très égocentrique, mais il faut donner pour être heureux. Si chacun choisissait de s’engager vraiment, le monde irait sans doute mieux ! »


 

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